« À un moment, je me suis dit qu’il fallait en parler », témoigne une victime d'harcèlement scolaire dans l’Artois

15:15 - 07 novembre 2019
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La journée « Non au harcèlement scolaire » est organisée ce jeudi partout en France où près de 700 000 jeunes en sont victimes chaque année ! Nicolas a 19 ans et habite Sains-en-Gohelle, entre Lens et Béthune. Il en a été victime quand il était lycéen et collégien. Pour Horizon, il a accepté de témoigner afin de sensibiliser le  plus grand nombre sur ce fléau.

Horizon : Nicolas, vous avez été victime d’harcèlement scolaire. Comment faire pour sensibiliser sur cette question ?
J’ai été harcelé quand j’étais au collège et au lycée. Cela a commencé par des insultes puis par des violences répétitives à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement. À un moment je me suis dit que je devais en parler aux adultes pour faire bouger les choses. Aujourd’hui, mon but est de sensibiliser sur cette cause pour donner envie aux victimes d’en parler afin d'encourager les enseignants et le personnel administratif à agir pour cette cause. Après, certains enfants peuvent avoir peur d’en parler aux parents et préfèrent se confier aux copains qui en parleront aux assistantes sociales du lycée.

Quels sont les moyens mis en place aujourd’hui pour aider les élèves ?
Discuter avec une psychologue, cela aide beaucoup ! Mettre en place des groupes collectifs pour discuter entre harcelées, c’est important, cela montre que nous ne sommes pas seuls. Car parfois, cela peut conduire jusqu’à un arrêt de l’école, voire jusqu’au suicide. Sur ma chaine Youtube, je présente aussi plusieurs associations qui viennent en aide aux victimes de harcèlement scolaire.

« Il n’y a pas de petit harcèlement »

Et vous, qu’est-ce qui vous a permis d’aller mieux ?
Ma petite amie qui m’a aidé à avancer. L’assistante sociale de mon ancien lycée aussi, tous les jours j’allais discuter dans son bureau.

Quels conseils pouvez-vous donner à un jeune victime d’harcèlement scolaire ? 
D’en parler ! Il n’y a pas de petit harcèlement. On peut se sentir mal psychologiquement, se donner la mort ou rater son avenir professionnel. J’ai l’impression qu’il y a encore plus de victimes par rapport à l'époque où j’étais élève.

Vous avez parlé de l’avenir professionnel, le fait d’avoir été harcelé étant jeune a-t-il été un frein dans ce domaine ? 
Oui, aujourd’hui je suis titulaire d’un Bac pro commerce, je cherche là dedans. C’est compliqué d’intégrer une entreprise et c’est devenu une phobie d’être en collectif, de parler avec des gens. Quand j’ai un rendez-vous, je préfère être en face à face et non à plusieurs sinon je suis mal à l’aise. J’ai toujours peur d’être entouré d’harceleurs.

Propos recueillis par Géraud Lefebvre.

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